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Les élections fédérales canadiennes

Demain auront lieu les élections fédérales canadiennes anticipées suite à la dissolution déclenchée à la demande du premier ministre Justin Trudeau, à la tête d’un gouvernement minoritaire depuis les précédentes élections en 2019. Voici les points essentiels.

Demain auront lieu les élections fédérales canadiennes. Peu traitées dans les médias européens, elles auront sans doute toutefois de grandes conséquences sur le pays.

Les élections fédérales canadiennes de 2021 ont lieu le 20 septembre 2021 afin d’élire les députés de la 44e législature de la Chambre des communes du Canada.

Le scrutin a lieu de manière anticipée deux ans avant la date prévue à la suite de la dissolution déclenchée à la demande du premier ministre Justin Trudeau, à la tête d’un gouvernement minoritaire depuis les précédentes élections en 2019. En effet, la mandature à la Chambre des communes est normalement de quatre ans.

Justin Trudeau affiche une volonté de recourir aux Canadiens pour prendre un certain nombre de décisions importantes pour le pays. Difficile néanmoins de ne pas y soupçonner, du moins secondairement, une manœuvre purement tactique.

Le Premier ministre fédéral a, évoqué dans son allocution, une série de points, dont, notamment, la question environnementale et la crise climatique qui secoue la planète, la pandémie de la Covid-19 qui touche le monde entier depuis près de 17 mois, et une série de questions socioéconomiques inhérentes au quotidien des Canadiens.

Six grandes tendances s’affrontent lors de ces élections.

Citons d’abord Justin Trudeau, Premier ministre sortant de Parti libéral (157 sièges en 2019), célèbre à travers le monde pour son cosmopolitisme caricatural. Pendant son second mandat, il dut gérer la pandémie de Covid-19, annonca une interdiction des armes d’assaut à la suite de la tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse et fut l’objet d’une troisième enquête d’éthique en raison du scandale WE Charity.

Erin O’Toole est le candidat du Parti conservateur (121 sièges). Député à la Chambre des communes de la circonscription de Durham depuis le 26 novembre 2012, il devient chef du Parti conservateur du Canada et donc chef de l’opposition officielle le 24 août 2020.

Yves-François Blanchet est le candidat du Bloc québécois (32 sièges). Parti indépendantiste et social-démocrate, il est implanté exclusivement au Québec et s’est donné pour mission de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de la souveraineté du Québec. Ainsi, il souhaite défendre les intérêts des Québécois au Parlement canadien, tout en faisant la promotion de l’indépendance.

Jagmeet Singh est le candidat du Nouveau Parti démocratique (24 sièges). Le NPD compte ou a compté en son sein plusieurs courants d’extrême-gauche comme le Waffle (années 1970), le Left Caucus (années 1980 et 1990) ou le Caucus socialiste. Économiquement, le NPD se déclare en faveur d’une « économie réglementée » et défend les politiques de sécurité sociale, notamment l’assurance maladie, la sécurité de la vieillesse ou l’assurance-emploi et propose un programme fédéral de garderie d’enfants. Dans les années récentes, le NPD s’est également positionné dans des questions de consommations, notamment sur les questions de frais bancaires.

Ensuite, Annamie Paul est la représentante du Parti vert (3 sièges). En 2019, racialiste, elle a co-créé la bourse 1834, qui vise à former de jeunes leaders politiques noirs canadiens, en lien avec l’opération Black Vote Canada. Professionnellement, elle a occupé des postes liés à l’engagement civique et aux affaires internationales à la mission du Canada auprès de l’Union européenne et au bureau du procureur au Tribunal pénal international.

Finalement, le Parti populaire, que nous pourrions qualifier de parti populiste. Renate Siekmann, candidat dans Vancouver Quadra, a envoyé une brochure aux électeurs de sa circonscription avec les inscriptions «pas de passeport vaccinal». Le parti est notamment conservateur sur le plan fiscal, opposé à l’immigration, opposé à l’obésité de l’État.

Les grands enjeux de cette élection sont, outre la gestion de la crise du covid-19, le plan de relance économique proposé à la suite de celle-ci, la crise de l’industrie forestière, le changement climatique. Mais, plus que tout, et comme à chaque élection, ce sont plusieurs visions du monde et du Canada qui s’affronteront le lundi 20 septembre.

Source Photo : THE CANADIAN PRESS, Adrian Wyld