Catégories
International

La lente mort du Liban

Le Liban, magnifique pays à l’extrême est de la Méditerranée, souffre actuellement de la plus grande crise de son histoire.

Le pays n’y échappera-t-il jamais ? La fin du XIXe siècle, la Seconde Guerre mondiale, la guerre civile et maintenant, la lente mort de ce beau pays se joue sous nos yeux.

Le Liban est malheureusement coutumier des crises profondes, notamment en raison de son emplacement géographique et des tensions qu’il induit, mais également de la mosaïque sociale qui le constitue.

Néanmoins, le pays traverse en ce moment la pire crise économique de son histoire.

et voit sa population se paupériser à grande vitesse. Selon certains, le Liban doit entreprendre des réformes indispensables à sa modernisation, afin de profiter d’une aide financière internationale.

Tout le monde se rappelle des images effrayantes de l’explosion du port. Mais le pays connaît un véritable naufrage économique depuis des mois, qui s’explique d’abord par une crise du secteur financier, par laquelle tout a débuté. Après avoir pendant longtemps attiré des capitaux étrangers (notamment en provenance de la diaspora libanaise) s’octroyant ainsi le surnom de « Suisse du Moyen-Orient », le pays a vu le système se déliter, principalement à cause des tensions géopolitiques de la région qui ont découragé les investisseurs. Les banques, voyant les réserves de la Banque centrale disparaitre, ont limité les transferts et les retraits d’argent.

La valeur de la livre libanaise, de son côté, a dégringolé, perdant plus de 85% de sa valeur. Le pays est aujourd’hui en défaut de paiement : sa dette totale se chiffre à 90 milliards de dollars. La crise sanitaire s’est ajoutée à cet environnement chaotique.

Cette terrible crise a des conséquences concrètes sur la vie quotidienne des Libanais. Les prix des biens de nécessité ont grimpé en flèche, accroissant la misère des habitants du pays. Le Liban est un pays importateur, et tout vient à manquer en raison de la chute de la livre libanaise.

C’est presque la moitié de la population qui vit sous le seuil de pauvreté et plus d’un tiers des actifs qui sont au chômage. On vole désormais du lait pour enfants, des produits alimentaires et des médicaments. Beaucoup de victimes rapportent que leur agresseur s’est excusé au moment du vol. Les Libanais quittent dorénavant Beyrouth pour aller cultiver de la nourriture dans les terres et ainsi trouver de quoi se nourrir. Le Liban bénéficie d’un climat entre le climat tropical et méridional, et est donc très adapté à l’agriculture.

Le règlement financier de cette crise est difficile. Le Liban doit débloquer de l’argent auprès de ses bailleurs internationaux, comme la France par exemple, mais aussi le FMI, avec lequel des négociations en cours ont été interrompues. Ces derniers, comme toujours, n’acceptent de financer la crise que si le Liban entreprend des réformes profondes, notamment via la lutte contre la corruption, la transparence, les coupes dans les dépenses publiques ou la modernisation des infrastructures.

Nul ne sait comment cette crise s’achèvera, et la vue de la déliquescence d’un pays qui est un phare du Proche-Orient ne peut que nous laisser désabusés. Souhaitons aux Libanais de sortir au mieux de cette crise dramatique.