Source : Conflits

Au cours des dernières semaines, le SPD, parti social-démocrate de centre-gauche, a vu sa popularité augmenter, alors que celle du parti conservateur de centre-droit CDU/CSU s’est effondrée et que les Verts ont perdu du terrain. En conséquence, il est de plus en plus probable que le prochain gouvernement allemand sera une coalition de trois partis, très probablement dirigée par le SPD. Si tel est le cas, il pourrait y avoir des conséquences sur la politique allemande.

Au cours des deux dernières semaines, le SPD a dépassé les Verts dans les sondages d’opinion, réduisant presque à néant l’avance dont jouissait la CDU/CSU au cours des quatre derniers mois. Un sondage de l’INSA publié le 23 août a même montré que le SPD était à égalité avec la CDU/CSU pour la première fois en dix ans, avec 22 % pour chaque parti. Les Verts se classent en troisième position avec 17 %.

Ces tendances semblent refléter le sort du candidat de chaque parti pour succéder à Angela Merkel en tant que chancelière. Le candidat de la CDU/CSU, Armin Laschet, a manqué de popularité dès le départ et a fait une série de faux pas ; récemment, il a été filmé en train de rire lors d’un événement de solidarité avec les victimes des inondations en Allemagne. La candidate des Verts, Annalena Baerbock, a connu un début de campagne prometteur en tant que nouveau visage politique. Mais sa période de lune de miel avec le public a été de courte durée, car des allégations de plagiat, un curriculum vitae enjolivé et une série de gaffes dans les médias ont rapidement miné le sentiment (voir le tableau au verso).

Ces échecs ont laissé le candidat du SPD, Olaf Scholz, ministre des finances du gouvernement actuel, apparaître comme la paire de mains la plus sûre. Lorsqu’on leur a demandé qui ils choisiraient dans un vote hypothétique pour la chancelière, 41% des Allemands interrogés le 20 août par Infratest dimap ont nommé Scholz, contre 16% pour Laschet et 12% pour Baerbock. Les marchés de prédiction donnent maintenant à Scholz une probabilité de 38% de devenir le prochain chancelier, contre 4% il y a un mois.

La chute de popularité de Laschet et de la CDU/CSU signifie qu’une coalition bipartite est de moins en moins probable. En particulier, une coalition noire-verte composée de la CDU/CSU et des Verts, qui semblait être l’issue la plus probable il y a un mois à peine, semble désormais de plus en plus improbable.

Une coalition de trois partis est plus probable. Les récents sondages d’opinion suggèrent de justesse qu’elle sera probablement menée par la CDU/CSU (jusqu’à présent, un seul sondage a placé le SPD à égalité avec la CDU/CSU). Le SPD étant réticent à entrer dans un nouveau gouvernement de coalition en tant que parti junior, la CDU/CSU cherchera très probablement à former une coalition jamaïcaine avec le FDP et les Verts, partisans de l’économie de marché. Toutefois, si le SPD parvient à maintenir son élan actuel, il y a de fortes chances qu’il se retrouve aux commandes. Dans ce cas, il cherchera probablement à former une coalition de type « feux de signalisation » avec le FDP et les Verts.

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