Siko défend le nucléaire.

Voici pourquoi.

L’énergie nucléaire est la principale source d’énergie faible en carbone dont nous disposons actuellement en Belgique et dans le monde. Elle est notre principale alliée dans la lutte contre le changement climatique. Sans le nucléaire, il semble quasiment impossible d’atteindre les objectifs climatiques que nous avons fixés.

Depuis la Révolution industrielle, la température moyenne sur Terre a augmenté de 1,1 degré Celsius, principalement à cause des émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre. Les 35 dernières années coïncident avec la plus forte hausse de la température observée à ce jour et 16 des 17 années les plus chaudes jamais enregistrées sont postérieures à 2001. Non seulement 2017 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, mais au cours de la même année, 8 mois sur les 12 ont également battu des records de chaleur.

Les pays signataires du protocole de Kyoto, protocole qui fut signé il y a déjà 24 ans, en 1997, se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre de façon à limiter la hausse de la température moyenne de la Terre à 2 °C à l’horizon 2050. Cet engagement a des répercussions importantes sur la production d’électricité, la principale source d’émissions de CO2. Les experts appellent à modifier l’ensemble du système ainsi qu’à supprimer progressivement les combustibles fossiles (charbon, gaz et pétrole), qui sont à l’origine de 70 % des émissions de CO2 dans le monde entier.

Afin d’atteindre les objectifs climatiques, le GIEC a estimé que 80 % de l’électricité mondiale devra être pauvre en carbone dans 35 ans (contre seulement 30 % à l’heure actuelle). Le choix du mix électrique se révèle donc crucial pour atteindre les objectifs climatiques des pays signataires. Selon le rapport sur les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs climatiques fixés pour 2020 de la Commission européenne, la Belgique ne parviendra pas, dans la situation actuelle, à atteindre ses objectifs : il lui manquerait 3,5 points de pourcentage.

L’objectif de la transition énergétique est clair : parvenir à une production d’énergie faiblement carbonée par la disparition rapide des technologies fortement émettrices de CO2. Certaines sources d’énergies renouvelables ont manifestement un grand rôle à jouer dans la transition énergétique afin d’atteindre cet objectif. Leur importance va donc continuer à croître dans les années à venir, mais seules, les énergies renouvelables ne suffisent absolument pas.

En effet, elles présentent certaines limites notables. Ainsi, le soleil et le vent ne sont pas toujours présents. Ensemble, ils peuvent fournir environ 10 à 15 % de l’électricité de la Belgique, ce qui est grandement insuffisant pour apporter une réponse aux défis énergétiques et climatiques auxquels nous faisons face. Des pays comme l’Allemagne ont, par exemple, déjà vu leurs émissions de CO2 augmenter suite à des politiques éoliennes déconnectées de la réalité. Tant que nous ne serons pas en mesure de produire 100 % de notre électricité à partir d’énergies renouvelables, nous devrons miser le plus possible sur toutes les autres options pauvres en carbone.

Des pays tels que la Suède tirent désormais la moitié de leur énergie des centrales hydrauliques – énergie renouvelable crédible -, et l’autre moitié des centrales nucléaires. Ils parviennent donc à limiter leurs émissions de CO2 à un minimum, puisque l’énergie nucléaire émet peu de CO2.

Tout compris, les émissions de CO2 de l’énergie nucléaire sont comparables à celles des énergies renouvelables. Par contre, les émissions de CO2 des centrales au gaz naturel ou au charbon sont respectivement 30 et 50 fois plus élevées que celles de l’énergie nucléaire ou des énergies renouvelables.

Selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), l’énergie nucléaire est, avec l’énergie hydraulique, la plus grande source de production d’électricité crédible. Elle représente aujourd’hui 90 % de l’électricité bas carbone dans le mix électrique belge et constitue donc le principal atout dans cette lutte. La fermeture des centrales nucléaires et leur remplacement par des centrales au gaz, le scénario le plus probable, auraient pour effet une hausse des émissions de CO2 de l’ordre de 76 %. Grotesque.

Une étude de l’Université de Gand montre que les émissions de CO2 en Belgique augmenteront fortement si nous fermons les centrales nucléaires en 2025. Même si nous avions trois fois plus d’énergies renouvelables que maintenant d’ici 2030, les émissions de CO2 de notre production d’énergie connaîtront une hausse considérable (146 %).

Les énergies renouvelables n’apportent pas non plus de garantie pour la constitution d’un mix électrique faiblement carboné. L’Allemagne, que nous citions plus haut, en offre un exemple révélateur : malgré la décision de développer massivement les sources d’énergie renouvelable, les émissions de CO2 de l’Allemagne restent dix fois supérieures à celles de la France. Et pour cause : des combustibles fossiles ont pris la place de l’énergie nucléaire pour compenser les manques d’électricité qui résultent de l’intermittence du vent et du soleil.

De très nombreux experts (AIE, GIEC) plaident par conséquent pour un mix énergétique faiblement carboné. L’énergie nucléaire est une source d’énergie qui émet très peu de CO2 et qui convient d’ailleurs parfaitement pour la production d’électricité. Une petite quantité d’uranium suffit à produire des quantités considérables d’énergie. En utilisant l’énergie nucléaire, les réserves de pétrole, de gaz naturel et de charbon s’épuiseront moins rapidement et nous devront transporter nettement moins de matières premières.

Il est également possible de déployer rapidement l’énergie nucléaire, compte tenu de l’état actuel de la science. L’énergie nucléaire est une technologie capable de produire de grands volumes d’électricité faiblement carbonée avec fiabilité et est susceptible d’être déployée rapidement à grande échelle. Au total, les énergies renouvelables représentent environ 10 % du mix électrique de la Belgique. En raison du caractère intermittent du vent et du soleil, la production d’électricité renouvelable n’est pas fiable et requiert des capacités de remplacement.

Aucune source d’énergie pauvre en CO2 ne peut actuellement réaliser à elle seule la diminution de CO2 exigée. Nous devons associer toutes les technologies existantes, en prenant en compte les contraintes du réel.

Si nous maintenons une capacité nucléaire de 2 GW, les émissions de CO2 de la Belgique continueront de baisser au lieu d’augmenter. Dans un scénario où l’énergie nucléaire serait absente (conformément à la loi actuelle relative à la sortie du nucléaire), les centrales au gaz, avec une capacité de 6,7 GW, et les énergies renouvelables, avec une capacité ambitieuse de 19 GW, feront augmenter les émissions de CO2 de la Belgique de 4 millions de tonnes par an, et de 19 millions de tonnes par an à partir de 2030 (Energyville, 2017).

Une étude menée en 2016 par PwC Enterprise Advisory et consacrée à la transition énergétique belge d’ici 2030 et 2050 révèle que seule une production d’électricité à base d’énergies renouvelables combinées à l’énergie nucléaire peut garantir à long terme des prix de l’électricité stables, la sécurité de l’approvisionnement et la réalisation des objectifs climatiques.

Ajoutons, pour conclure, que le nucléaire est une garantie de souveraineté énergétique. Que se passe-t-il quand votre voisin cesse de vous laisser capter son surplus d’énergie ?