Source : Marianne

Sur Twitter, Idriss Sihamedi, ex-président de BarakaCity, une association humanitaire d’obédience salafiste, a salué de façon à peine voilée la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan. Quand son association, jugée incompatible avec les principes de la République, avait été dissoute, des militants de gauche l’avaient soutenu contre « l’islamophobie du gouvernement ». Certains semblent revenir aujourd’hui de leur naïveté d’alors.

Ça y est, les talibans ont pris Kaboul. Le président afghan a fui dès dimanche 15 août au soir et les rebelles islamistes ont diffusé sur les réseaux sociaux des images de leur joie en prenant possession du palais présidentiel. Dans le pays, le chaos est total : des milliers d’Afghans se sont précipités vers l’aéroport de la capitale dans l’espoir d’échapper au régime islamiste. Bien sûr, le monde occidental regarde, la larme à l’œil, quarante ans de guerre et d’impuissance politique exploser en direct à la télévision. Les messages de soutien affluent, particulièrement en direction des femmes de la capitale qui étaient parvenues à conquérir davantage de liberté que dans le reste du pays. Bien sûr, la conquête des talibans est unanimement réprouvée. Ou presque.

Car dans un message cryptique publié sur Twitter, le président de feue BarakaCity, association humanitaire d’obédience salafiste dissoute fin 2020, ne condamne pas la victoire des talibans. « Pour tout début, il y a une fin, a commenté Idriss Sihamedi. Qu’Allah descende sur le peuple Afghan les plus belles richesses, les plus beaux hôpitaux, plus belles écoles et le plus bel avenir que le pays n’a jamais pu rêver. » Il a ensuite partagé un message de Damien Rieu, ancien de Génération Identitaire : « Non, nos valeurs occidentales ne sont pas universelles. L’Afghanistan en est la preuve, les milliards et la guerre n’ont pas changé l’essence tribale et islamique du pays. Laissons-les vivre et occupons de défendre notre civilisation… sur notre sol. » Un partage qu’Idriss Sihamedi s’est ensuite empressé de supprimer.

Et voilà que sur Twitter commence le bal des idiots utiles et des tartuffes. Comment ? Le président de BarakaCity ne condamne pas la prise de pouvoir des talibans ? Qu’ouïs-je ? Il partage les mêmes positions que Damien Rieu sur le relativisme des droits de l’Homme ? Les influenceurs décoloniaux, prompts à crier à l’« islamophobie » à la moindre position critique regardant l’islam, semblent découvrir la galaxie idéologique dans laquelle s’épanouissent BarakaCity et ses réseaux.

BARAKACITY, VICTIME DE L’ « ISLAMOPHOBIE »

Dès 2016 pourtant, Idriss Sihamedi s’était illustré à la télévision, dans l’émission Le Supplément de Canal +, en refusant de serrer la main d’une ministre, Najat Vallaud-Belkacem, en raison de son sexe. « Non, comme certains rabbins, je ne serre pas la main aux femmes », avait-il simplement expliqué. Dans la même émission, il s’est abstenu de condamner les attentats contre Charlie Hebdo. Autant d’éléments qui ont conduit le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à dissoudre l’association fin 2020, dans une tentative peu coûteuse et inefficace de cibler le fondamentalisme islamique.

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Source image : Hans Lucas/AFP