Source : Sputnik

Pour Sputnik, le docteur Sidaoui analyse la crise politique en Tunisie, refusant de qualifier, «en tout cas pour l’instant», de coup d’État les décisions du Président Kaïs Saïed. Il souligne que la situation du pays, dont les différents parlements et gouvernements depuis 2011 sont responsables, ne laissait pas de choix au chef de l’État.

Depuis dimanche 25 juillet, la Tunisie vit au rythme d’une crise politique. En effet, le Président de la République Kaïs Saïed a annoncé dans un discours adressé à la Nation le gel des activités de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le parlement monocaméral du pays, pendant 30 jours et le limogeage du chef du gouvernement Hichem Mechichi, dans le cadre de l’application de l’article 80 de la Constitution.

Le lendemain, la présidence de la République a annoncé dans un communiqué la décision du chef de l’État de mettre fin aux fonctions du ministre de la Défense nationale Brahim Bartagi et de la porte-parole du gouvernement Hasna Ben Slimane, également ministre de la Fonction publique et ministre de la Justice par intérim. Le Président s’est également octroyé le pouvoir exécutif, notamment le ministère public, et a annoncé son intention de former un autre gouvernement.

Le Président de l’ARP, Rached Ghannouchi, également chef du mouvement Ennahdha proche des Frères musulmans* et ses alliés, la Coalition de la dignité (Al Karama) et Qalb Tounes, ont dénoncé un coup d’État.

Qu’est-ce qui a mené la Tunisie à cette situation? Y a-t-il vraiment un coup d’État? Les décisions du Président sont-elles constitutionnelles? Quelle évolution pourrait avoir la situation dans ce pays et quelles pourraient être ses répercussions sur la sécurité régionale?

Ces partis «sont les premiers à avoir piétiné la Constitution»

«Le triumvirat qui a pris le contrôle du pays en décembre 2011 [Ennahdha dirigée par Ghannouchi, le Congrès pour la République (CPR) dont le chef était Moncef Marzouki, élu Président par l’assemblée constituante le 12 décembre, et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), ndlr] a imposé une phase de transition de trois ans, juste pour écrire une nouvelle Constitution, négligeant tous les autres secteurs de la vie publique», rappelle le docteur Sidaoui.

Dans le même sens, l’expert souligne que «c’est ainsi que des fortunes colossales ont commencé à être amassées par beaucoup de responsables, notamment proches des islamistes, dont Rached Ghannouchi lui-même, pointé dernièrement par une enquête publiée par le journal Al Anwar. Ce média a révélé une fortune « colossale » présumée du chef d’Ennahdha estimée à 2,7 milliards de dinars, soit près d’un milliard de dollars. Ces lobbies qui agissent dans l’ombre ont fini par constituer un réel danger pour la démocratie, à cause de leur capacité de plus en plus grande à peser sur la décision politique». À ce titre, le docteur Sidaoui estime que «c’est Ennahdha et ses alliés qui sont les premiers à avoir piétiné la Constitution en s’accaparant le pays dans l’opacité et l’illégalité la plus totale, dont leur refus d’installer la Cour constitutionnelle depuis 2014, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres».

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