Source : L’Echo

Le « Stop béton » inscrit dans la déclaration gouvernementale wallonne devra-t-il être revu en fonction de l’adaptation des zones inondables, alors que la surface résidentielle a progressé de 50% en 35 ans?

Le principe est inscrit en lettres d’or dans la déclaration de politique générale du gouvernement wallon: il faudra freiner l’étalement urbain et y mettre fin à l’horizon 2050. Et parmi les objectifs à remplir pour y parvenir, il convient de plafonner, dès 2025, la consommation des terres non artificialisées, de préserver au maximum les surfaces agricoles, de maintenir, de réutiliser ou de rénover le bâti existant et enfin de localiser au maximum les bâtiments à construire dans les tissus bâtis existants. En d’autres termes, il faut densifier les zones urbaines plutôt que de les étendre à tout-va.

Mais les inondations à répétition de ces derniers jours apportent une dimension supplémentaire à cette perspective. Pourra-t-on encore développer le bâti aux abords des cours d’eau? Faut-il revoir en profondeur la carte des zones inondables et quelles en seront les conséquences pour l’urbanisation de ces zones? Certaines voix se font déjà entendre pour modifier les plans de secteur de manière à mieux intégrer le risque d’inondations. Les urbanistes ou les autorités locales particulièrement.

Béton, bâtiments, zones résidentielles, infrastructures,… L’artificialisation du territoire wallon se poursuit, et avec elle, des surfaces sont retirées de leur état naturel. En 2020, les terrains artificialisés couvraient entre 1.812 et 2.693 km², soit 11 à 16 % du territoire wallon.

Un rapide plongeon dans les chiffres permet de se rendre compte de l’évolution du phénomène. Selon l’ Institut wallon de l’Évaluation, de la Prospective et de la Statistique (IWEPS), dont la dernière étude sur le sujet date de juin 2021, l’emprise sur les terres naturelles a augmenté de 15,8 km² par an, en moyenne, entre 1985 et 2020, soit 552 km² sur les 35 dernières années. « Cette artificialisation s’est faite principalement au détriment des terres agricoles, avec, d’après des chiffres issus du cadastre, une perte de superficie de 596 km² entre 1985 et 2020 (soit -6,4 % en 35 ans) », explique l’IWEPS.

À l’évidence, une des causes majeure de cette poussée du béton sur le territoire wallon vient du bâti résidentiel. Les terrains résidentiels sont sans surprise les terrains artificialisés les plus étendus avec 1.098 km², soit 6,5 % du territoire wallon, en 2020. « Depuis 1985, l’artificialisation du territoire est essentiellement due à l’expansion du résidentiel, dont la superficie est passée de 723 km² à 1.098 km² (soit plus de 50%) », détaille l’étude.

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