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Comprendre les biais cognitifs

Cette semaine, nous avons décidé de vous expliquer les biais cognitifs, et l’utilité de les connaître pour s’en défaire au maximum.

Tout le monde est victime de ses propres biais cognitifs, nous compris. Dans le monde actuel, et au vu des quantités d’informations disparates disponibles sur Internet, il est très important de les connaître, afin de pouvoir mieux y résister.

Un biais cognitif est une distorsion dans le traitement cognitif d’une information. Votre esprit, après avoir reçu cette information, lui donne une signification qu’elle n’a pas, voire invente cette information de toute pièce. Le terme biais fait référence à une déviation systématique de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité.

Le terme a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances vers des décisions irrationnelles dans le domaine économique. Ils ont ensuite étendu ces observations à l’ensemble des raisonnements.

Il faut noter que les biais cognitifs existent pour une raison : permettre à notre esprit à tirer des conclusions rapides sans devoir systématiquement faire appel au raisonnement volontaire, qui nécessite énormément d’énergie. 

Certains biais s’expliquent par les ressources cognitives limitées. Lorsque ces dernières (temps, informations, intérêt, capacités cognitives) sont insuffisantes pour réaliser l’analyse nécessaire à un jugement rationnel, des raccourcis cognitifs (appelés heuristiques) permettent de porter un jugement rapide. Ces jugements rapides sont souvent utiles mais sont aussi à la base de jugements erronés typiques.

Les biais cognitifs sont des formes de pensée qui dévient de la pensée logique ou rationnelle et qui ont tendance à être systématiquement utilisées dans diverses situations.

D’autres biais reflètent l’intervention de facteurs motivationnels, émotionnels ou moraux ; par exemple, le désir de maintenir une image de soi positive ou d’éviter une dissonance cognitive déplaisante.

Citons les plus fréquents :

Le biais de confirmation est la tendance, très commune, à ne rechercher et ne prendre en considération que les informations qui confirment les croyances et à ignorer ou discréditer celles qui les contredisent. Il explique le fait que les gens ont tendance à s’enfermer dans leurs propres croyances, en refusant les informations qui viennent contredire celles-ci.

Le biais de croyance se produit quand le jugement sur la logique d’un argument est biaisé par la croyance en la vérité ou la fausseté de la conclusion. Des erreurs de logique sont ignorées si la conclusion correspond aux croyances.

Le biais de représentativité est un raccourci mental qui consiste à porter un jugement à partir de quelques éléments qui ne sont pas nécessairement représentatifs.

Le biais de conformisme est la tendance à penser et agir comme les autres le font. Rappelons l’expérience de Asch qui montra que même lorsque la réponse parait évidente, il n’est pas exclu que l’individu en donne une mauvaise réponse, pour se conformer à l’avis majoritaire.

L’effet Dunning-Kruger, qui a été particulièrement mis sous les projecteurs par les médias en ligne tels que Konbini ou Brut lors de la crise sanitaire, est un biais cognitif controversé par lequel les moins qualifiés dans un domaine pourraient surestimer leur compétence.