Source : GQ

Un artiste américain accuse Salvatore Garau de lui avoir volé son idée de l’oeuvre invisible et menace de lui faire un procès s’il ne le crédite pas. 

C’est une idée absurde qui est en train d’accoucher d’un conflit encore plus absurde. Au début du mois de juin, le plasticien italien Salvatore Garau a fait la Une de nombreux médias à travers le monde en mettant aux enchères sa nouvelle oeuvre d’art. Intitulée Io sono (« Je suis »), la sculpture avait la particularité de ne pas exister. Tout simplement. Le 18 mai dernier, elle a été vendue aux enchères pour 15.000 euros alors que sa mise à prix était fixée à 6.000 euros. Un certificat d’authenticité a été délivré à l’acheteur. Les conditions de son installation sont les suivantes : l’oeuvre doit être installée au centre d’une pièce vide dans une maison indépendante et doit être délimitée par un bandeau collé sur le sol. Cette sculpture invisible mesure 150 centimètres de diamètre. Salvatore Garau n’en est pas à son coup d’essai : sur son compte Instagram, on peut retrouver la trace d’une oeuvre intitulée Buddha in Contemplazione (« Buddha en Contemplation »). Seul un carré blanc tracé sur le sol de la Piazza della Scala à Milan la compose.

De nombreux internautes se sont offusqués de ce prix exorbitant pour acheter du vide. Beaucoup y ont vu les dérives du marché de l’art contemporain, qui privilégierait aujourd’hui davantage les coups d’éclat d’artistes aux oeuvres elles-mêmes. Salvatore Garau a récemment répondu à ces critiques en mentionnant la philosophie et la religion comme les thématiques centrales de son oeuvre. “Le vide n’est rien d’autre qu’un espace rempli d’énergies et même si nous le vidons, selon le principe de l’incertitude de Heisenberg, le vide a un poids. En cela, il a une énergie qui se condense et se transforme en particules, qui sont en nous. Et après tout, ne donnons-nous pas un visage à un Dieu que nous n’avons jamais vu ?”, a-t-il déclaré. 

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