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Économie

Les conséquences de la monnaie sur l’économie

Chez Siko, nous pensons que le peuple gagnerait à comprendre l’économie. Voici notre première contribution à ce travail.

L’économie et la finance sont des sujets qui peuvent sembler complexes au premier abord. Pourtant, leur fonctionnement répond à des logiques élémentaires, et leur compréhension est d’une importance considérable pour tout citoyen, contribuable et détenteur de patrimoine.


L’un des thèmes qui doit le plus nous intéresser est l’injection monétaire, et par conséquent l’évolution des taux d’intérêts, de la valeur de la monnaie, et leurs conséquences sur l’économie réelle. Nous verrons qu’une de ces conséquences est l’accroissement des inégalités. La baisse des taux d’intérêts scinde la société entre détenteurs du capital et travailleurs, de façon déraisonnable.


Un capitalisme sain est un capitalisme entrepreneurial, dans lequel la création de richesse découle de l’innovation, de l’investissement et de l’augmentation de la productivité du travail et du capital. Les taux d’intérêts assez élevés exigent de la part des emprunteurs une bonne capacité à faire fructifier ce capital. Alors, le système est générateur de richesses.
Des taux d’intérêts bas ont pour conséquence une mauvaise allocation du capital.


Les deux principaux prix dans un système économique, ce sont les taux d’intérêt et le taux de change. Si ces deux prix sont faux parce que manipulés par la banque centrale, le chef d’entreprise sait que tous les prix dans l’économie sont faux.


Par exemple, ce chef d’entreprise ne se lancera pas dans une opération d’investissement à 10 ans comme construire une nouvelle usine. En effet, il ignore quels seront les prix à cet horizon (le taux de change du dollar, les taux d’intérêt…). Il préfère donc racheter ses propres actions, puisqu’il devient beaucoup plus rentable d’emprunter de l’argent pour racheter ses propres titres que d’acheter une machine-outil, le prix des actifs. Cela réduit l’investissement, et par conséquent la productivité. Enfin, les salaires cessent d’augmenter.
D’autre part, les banquiers prêtent alors au regard de la sécurité des projets et non de leur rendement potentiel. Ils ne prêtent alors qu’aux riches, qui sont en mesure de sécuriser l’emprunt en mettant en caution du capital. Grâce aux taux bas, les grosses chaines peuvent acheter leurs concurrents à des taux très avantageux. On ne fait plus que changer le propriétaire des entreprises existantes et on ne crée plus de richesse.


Les systèmes d’assurance et de retraite ont besoin de vrais taux pour pouvoir remplir leurs objectifs. Avec des taux à zéro, voire négatifs, les retraites complémentaires risquent de tomber en faillite, car une grosse partie de leur revenu vient de leurs placements obligataires. La Banque centrale européenne ou le Fed sont en train de subventionner la consommation actuelle avec la retraite du futur.


Finalement, les taux zéro sont un impôt sur les pauvres au profit des plus riches. Par exemple, aux États-Unis, les dépôts bancaires sont de 10 000 milliards de dollars. Si les taux étaient à 3%, il y aurait à peu près 300 milliards de revenus supplémentaires à dépenser par an. C’est autant d’argent qui est retiré de la consommation. Ces 300 milliards sont transférés aux grandes institutions financières par les profits qu’elles réalisent grâce aux taux à zéro. C’est un système particulièrement inégalitaire.

Si la hausse des actifs déclenchée par les taux zéro fait la fortune des gens riches, elle appauvrit la majorité du pays.